LES GARÇONS DE HED MAYNER

L’1nstant Hed Mayner

Un 1nstant ! Qui est-il ?

Un garçon profond et profondément marqué par ses origines et sa culture. Né en Israël, Hed Mayner se passionne dès l’adolescence pour la mode et les imprimés (qu’il dessine lui-même), se fait embaucher chez un tailleur puis un designer de mobilier, se pose sur les bancs de l’École des Beaux-Arts Bezalel à Jérusalem avant de finalement s‘envoler pour Paris et l’Institut Français de la Mode. « J’avais l’impression que Jérusalem était le centre du monde. Là-bas, j’étais inspiré par une vie entre vulnérabilité et force, noblesse et tradition. Paris a enrichi ma vision esthétique. »

L’1nstant création

Avec Hed, cela passe d’abord par une réflexion sur la mission d’un créateur : « pour moi, un designer doit être ouvert, flexible, attentif et laisser les informations passer à travers lui. Ainsi, il peut regarder, ressentir sans juger et transmettre une certaine émotion, identifier un moment. »

L’1nstant style

L’allure Hed Mayner, c’est un croisement entre structures nettes et lignes fluides. Ou l’inverse. Ou les deux, dans un esprit de flou bien net. Un trench rigoureux contraste ainsi avec un chino aux pinces et jambes XL. Les chemises se boutonnent en vrille, perdent leur col ou se transforment en tuniques dos nu à nouer sur la nuque. Noirs, sables, blancs crayeux clashent avec des safran ou bourgogne étonnamment lumineux, le tout dans une épure ultra épurée, esthétisée. « Là d’où je viens, l’idée du luxe n’existe pas. Notre environnement était plutôt constellé d’uniformes, au sens égalitaire à l’instar des vêtements militaires ou du tailoring juif orthodoxe. Le statut, l’appartenance à une classe sociale n’existe pas dans ces vêtements, et même si leur coupe n’est pas parfaite, je leur ai toujours trouvé un certain raffinement et une noblesse. Le tailoring juif parle plus de drapés, d’enveloppement du corps plutôt que de formes strictes : je trouve que cela apporte une nouvelle vision de la mode masculine, permet des lignes oversized, comme si l’on portait la veste de son père ou de son grand frère. Cela donne une silhouette forte et vulnérable à la fois. »

L’1nstant de donner son avis

Clairement, la signature Hed Mayner n’est pas pour Monsieur Tout le Monde (et ça tombe bien puisque le garçon croit beaucoup aux personnalités contrastées et imagine un futur où chacun voudra encore et toujours plus de pièces uniques, différentes et bien à soi). Il n’empêche qu’un pantalon carotte, flirtant avec le sarouel, fera toujours son effet avec tee-shirt basique. Ou qu’un blazer aux épaules tombantes et trapèze twistera agréablement un dressing un peu plan-plan. Mais aussi, en ces temps de vestiaires unisexes où l’on ne sait plus toujours qui vole quoi à qui, on se verrait bien, nous les filles, détourner dès cet automne cette veste pourpre souple comme une cape ou ce sweat en cuir raccourci en crop top à passer sur une chemise d’homme. Après tout, un uniforme, c’est mixte non ?

  • Text / Claire Mabrut
  • AD / Vinz
  • Produced / 1nstant.f
  • Collection / Winter 16 / 17
  • Hedmayner.com