ACTU MODE : YVONNE LÉON LA PETITE BÊTE DE LA JOAILLERIE

Avec ses créations animalières, ses références vintage et ses portés très modernes, la créatrice de bijoux Yvonne Léon a réussi à se tailler une fière place parmi la jeune génération de joailler. Ses discrètes petites bêtes parées de mille feux ont par la même occasion séduites Rihanna ou Rania de Jordanie.

Yvonne porte un prénom qui lui sied parfaitement. Quelque chose de magnifiquement  désuet auquel elle donne l’éclat de sa jeunesse et de sa modernité. Yvonne a 35 ans, une voix douce et délicate comme les bijoux auxquels elle donne forme. Yvonne a de très longs cheveux de petite fille et la beauté d’une femme fatale. Ingénue et sophistiquée. Ludique. Comme sa marque de « joaillerie alternative » qu’elle lançait en 2014, presque malgré elle.

Il y a 6 ans, c’est une jeune femme brune aux longs cheveux qui se penche, concentrée, sur l’établi de l’atelier de ses parents, propriétaires d’une boutique de bijoux vintage dans le quartier de l’Opéra. Concentrée, elle redessine sa trouvaille, faite aux Puces : une bague hibou en argent. De ce pâle modèle, elle fait un hibou en or lumineux, aux yeux rubis ou émeraude, qu’adoptera plus tard la chanteuse Rihanna. Suivent la bague viviane, le pendentif feuilletis, et surtout, le dessous d’oreille, une technique imaginée par son père alors qu’Yvonne a trois ans. « Je l’ai twisté la monture en y incorporant des perles. » Ses créations bourrées d’imagination et d’ingéniosité séduisent son entourage et rapidement, Baby Boudha et Montaigne Market la contactent. « C’est pour répondre à leur demande que j’ai créé en urgence ma société en 2014. » La marque, née officiellement il y a quatre ans, dispose désormais de 50 points de ventes dans le monde, dont une boutique en nom propre dans le 6ème arrondissement parisien.

« Mon succès, répond, hésitante, la jolie créatrice, est certainement lié au mélange de porté que je propose : les animaux comme le crabe et le crocodile cohabitent avec des pièces plus vintage ou des formes très contemporaines comme la bague V. » Yvonne Léon est la synthèse parfaite de tous les temps –passé, présent ; des temps auxquels elle sait donner la grâce de l’inattendu : « Mes inspirations sont multiples, mais très souvent issues de ce que je trouve dans la boutique de mes parents : de vieilles marquises, le corps d’une bague, un montage de diamants, une association de couleur… C’est une caverne d’Ali baba ! »

Ses pièces favorites – le feuilletis, la chevalière, le fameux crabe ou le dessous d’oreille perle-, sont aussi les best sellers de la marque qui sort quatre collections annuelles. « Comme dans la mode, il y a une grande demande de nouveauté. Et comme dans la mode, le succès d’un produit s’arrête subitement. Il faut savoir se réinventer. » Alors, Yvonne invente. « Pour ma prochaine collection, je reste évidemment fidèle à mon inspiration animalière avec de nouvelles petites bêtes en version maxi ou mini. Je poursuis le thème Pompadour avec de nouvelles couleurs et en revisitant le ras de cou. J’ai aussi imaginé une ligne plus joaillerie : des rivières très travaillées dont j’ai habillé le fermoir en scarabées ou en libellules. » De ses deux ateliers, l’un parisien, l’autre à l’étranger, va donc s’extraire ce qui séduit les clientes d’aujourd’hui. « Les modes de consommation ont changé, les femmes qui viennent chez moi se font leur propre cadeau et n’hésitent pas à sa faire plaisir avec régularité. Place Vendôme, on achète un héritage, ici, une création. »

Le bijou : une seconde peau, la ponctuation d’une tenue.

Son style au quotidien: Je suis assez basique, plutôt vêtue de noir unie. Un jean, un pull (Acne ou Barrie), des mocassins.   
Ses projets : développer ses points de vente aux Etats-Unis et au Moyen Orient.

http://www.yvonneleon.com

  • Interview / Judith Spinoza

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