1NSTANT BOOK

Parcourir, lire, regarder, découvrir, exposer, décrypter les écrits: c'est la mission de Wallis Acajou.

5 bonnes raisons DE S’OFFRIR des entretiens avec Nadia Boulanger

genre / entretiens

“ J’ai du insister sur la connaissance des bases essentielles, c’est-à-dire : entendre, regarder, écouter et voir. Et puis avoir un tel respect de soi-même, que sans aucune prétention, on attache de l’importance à être. Et je crois que si on n’attache pas de l’importance à être, on ne peut pas jouer bien, on ne peut pas penser bien, on ne peut pas vivre bien.”

Entretiens avec Nadia Boulanger, page 26.
  1. Nadia Boulanger (1887/1979) fut sans aucun doute un des plus grands professeurs de musique au monde – Yehudi Menuhin, Leonard Bernstein, Philip Glass… louent son talent, son professionnalisme et sa personnalité. Elle voyagea dans le monde entier, dans le simple objectif de partager son enseignement. 
  2. Bruno Monsaingeon reconstitue le jeux des questions/réponses à partir des échanges qu’il a eu avec elle. Le récit est vivant, et la pensée de Nadia souvent fulgurante.
  3. Nadia Boulanger est une penseuse, une théoricienne, elle considère sa pratique comme celle de l’éveil de soi – Elle encourage, soutien, aide les artistes à se révéler à eux-mêmes Elle les accompagne avec exigence dans la pratique musicale.
  4. Eduquée par une mère russe, exigeante, qui n’aura de cesse de s’intégrer dans une France de la fin du 19ième et un père professeur de musique, qui meurt quand elle est enfant. Sa soeur Lili, compositrice de renom meurt elle aussi à un jeune âge. Célibataire, sans enfant si ce n’est les notes. Lire p 38, pourquoi Stravinsky refuse d’honorer une commande, une tirade absolue et salivante.
  5. Elle dédiera sa vie à la musique et à ceux qui voulaient en être les virtuoses, faute d’être une compositrice – Elle jugeait ses compositions “inutiles”. Elle n’aura de cesse que de transmettre son savoir et de révéler les grands talents musicaux. Elle qui disait que lire une partition était un exercice plus simple que de lire un livre. Les notes étaient ses amies, plus que les mots que pourtant elle maniait avec talent.

Mademoiselle, entretiens avec Nadia Boulanger de Bruno Monsaingeon – édition Vandevelde – 137 pages

5 bonnes raisons de REGARDER la rue avec Bill Cunningham

genre / biographie / photographie/ beaux-arts

“I am a columnist who writes with pictures”

Bill Cunningham – On the street, p 7 – preface Tina Loite – The New York times – style edition
  1. Nous le connaissons ce sacré Bill avec son allure à jamais dégingandée et son triptyque : veste de travailleur bleu indigo, appareil photo autour du cou et son vélo sillonnant les rues de New York dont il avait défini le territoire avec précision, trainant entre la 57ième rue et la cinquième. Filez voir p 382 sa belle allure.
  2. Bill Cunningham est le doyen incontesté de tous les street-style photographes d’aujourd’hui. 
  3. Des années 70 à 2010, il parcourut les rues de New-York pour témoigner de la mode et de ceux qui la portent, parfois la font – il était un “recorder” de l’air du temps. Il anima une colonne à partir de 1985 pour le New York Times insérant des textes courts type  “ tails may come one to an animal ” pour accompagner sa sélection de photos.
  4. Bill aimait par dessus tout les manteaux qu’il qualifie de “ wearable art”  qu’ils soient  ample ou droit, ils habillent ces femmes volontaires, amusées d’être saisi par cet homme discret. Quant à sa saison favorite : L’hiver. Lorsque New-York prenait son manteau blanc, Bill sortait et saisissait ceux qui osaient mettre un nez dehors – voir de la page 98 à 103
  5. L’ensemble photographique est un témoignage rare, souvent touchant de la mode de rue.  Un document précieux et culturel. 

Bill Cunningham – On the street – five decades of iconic photography – édition potter   – 381 pages – 2019

5 bonnes raisons de S’IMMERGER dans un jour prochain avec Patrice Chéreau

genre / essai

“J’aimerais que la chose la plus lourde devienne la chose la plus légère. C’est la chose dont, avec les années, on a le plus envie : peser le moins possible, être le plus léger, arriver à raconter des choses graves – graves; le mot est très beau en français – de façon légère. J’ai encore beaucoup de chemin à faire pour y arriver. Je pense que c’est souvent lourd ce que je fais.”

J’y arriverais un jour, Patrice Chéreau, page 59
  1.  Patrice Chéreau était un démiurge. Un pur obsessionnel, esprit exigeant, d’une intelligence rare et ce dialogue avec Georges Banu nous donne un aperçu des dispositions créatives exceptionnelles de cet homme de théâtre, d’opéra et de cinéma.
  2. Chéreau n’aura eu de cesse de se renouveler, de se remettre en question et une méfiance à l’égard “des choses que je me mettrais à savoir un peu trop bien faire.”
  3. Il évoque le piège et la facilité à dire oui, alors que penser le non offre une nouvelle voie de création – il dit pratiquer “ les différentes formes du non à l’égard de lui-même”. Se renouveler, ne pas reprendre les mêmes ficelles créatives tel semble être sa quête. Il vit dans la peur de reproduire le déjà fait.
  4. Il aime le cinéma pour être au milieu des comédiens. Considérant que l’on ne peut être un bon comédien uniquement dans sa langue maternelle. Il se décrit comme un grand parleur durant les répétitions, avec une ultra présence tout en attendant de la part des comédiens une faculté à lui résister.
  5. Il voue une passion à l’art de son temps, en allant chercher les nouveaux textes, les écrits contemporains qu’il interroge avec modestie en essayant de les comprendre plutôt que d’en offrir une interprétation. Un texte foisonnant de multiples témoignages de ceux qui lui étaient proches.

Patrice Chéreau – J’y arriverai un jour – Actes Sud 178 pages – 2009

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