
1/VOLUMES
Jupe boule chez Victoria Beckham et mini veste Dior gonflée par des multicouches de froufrou en ébullition : la mode gagne en volume et donne toute sa majesté à la nouvelle silhouette de l’automne-hiver prochain. Les créateurs parmi les plus avant- gardistes s’expriment de manière plus imposante encore, plus protectrice et symbolique à travers des looks bombés de paddings. C’est le cas de la marque japonaise Comme des garçons ou de la griffe d’origine espagnole Loewe. Dans un tout autre style, la maison tokyoïte Anrealage occupe l’espace avec des robes aux jeux de volutes réalisées grâce à des fils métalliques gainés.

2/ WRAP
Lors du défilé Yohji Yamamoto, les étoffes s’enroulent et s’entrecroisent autour des femmes comme autant de « wraps » savamment désordonnés. Le créateur japonais octogénaire est coutumier de ces silhouettes aux atours déconstruits-reconstruits et enveloppants. Les tissus passent dessus dessous, se nouent et se dénouent, jouent des noirs mats et brillants aux tissés secs ou duveteux. Sur son défilé automne-hiver 2026-2027, les mannequins ont l’air tout aussi emmailloté que libéré dans leurs
mouvements. La grande nouveauté de la saison c’est qu’il n’est pas le seul à plébisciter le « wrap ». Chez Burç Akyol, Vautrait, Issey Miyake, et même Dries Van Noten – avec une simple écharpe – on retrouve ces enveloppements réconfortants.

3/ ASSOCIATIONS
Le couturier belge Dries Van Noten a toujours été un maître de l’assemblage des textiles, des couleurs et des imprimés. Julian Klausner, son successeur à la tête de la maison, suit ses pas. L’allure de ses créations composées de tissus variés pour une même silhouette, est aussi audacieuse qu’élégante. Nicolas Ghesquière chez Louis Vuitton, Junya Watanabe dans ses créations, misent aussi sur ces chocs esthétiques qui accumulent les étoffes. Zimmermann emprunte leur chemin en usant surtout d’un stylisme bouleversé qui allie différents habits et accessoires dé-coordonnés. Dans un cas comme dans l’autre, l’allure active plus que jamais le curseur de la créativité.

4/PRECIEUX
Broderies éclatantes, dentelles sophistiquées, étoffes damassées éblouissantes, silhouettes dorées… La mode 2026-2027 ne craint pas de surcharger l’allure sans pour autant l’alourdir. Saint Laurent, Chanel, Akris, CFCL, Undercover réussissent cet équilibre entre trop et pas assez. Certaines tenues très soir ne manqueront pas de fouler les tapis rouges. D’autres imprimeront la rétine en plein jour. C’est une ode aux métiers d’art ancestraux ou novateurs qui redonne à la mode ses lettres de noblesse.

5/NÉO-MINIMALISME
Contrepoint avec le retour du minimalisme des années 1990 et 2000. Oui, les silhouettes longilignes sont de sortie, simples, sobres, linéaires. Mais les matières amorcent un néo-minimalisme plus chaleureux que le modèle original de l’ère Y2K. Flanelle chez Hodakava, tricot chez Ruhoan, velours de Givenchy, cuir chez Tom Ford : on est loin du total look coton Lycra qui plaisait tant il y a 20 ans. Il en ressort une tendance épurée mais perfectionnée, une allure moins « fragile » et plus protectrice que celle du minimalisme originel.

6/MASCULIN
Ce n’est ni la première saison ni la dernière pour le binôme costume pantalon. La tendance du style masculin conjuguée au féminin demeure un classique. Cette saison, la silhouette est reine sur le défilé de Saint Laurent. Anthony Vacarello, directeur artistique de la maison, l’imagine large, à la veste croisée, le bas du pantalon foulant le sol. L’allure est cool mais distinguée, taillée dans un tissu noir et
souple. Cette « coolitude » est la marque de fabrique des costumes d’aujourd’hui. On la retrouve aussi bien couleur or sur le défilé Schiaparelli, que chez de jeunes créateurs prometteurs comme Vautrait qui signe un costume pantalon large gris urbain.

7/POILS
La fourrure – souvent fausse pour être politiquement correcte – est colorée dans des teintes multiples pour former des vestes et des manteaux version patchwork ou camouflage. À découvrir chez Hermès, Louis Vuitton, Chanel. On note particulièrement les poils hirsutes du manteau Givenchy mariant les gris à l’orange. Cet outfit pointu sera particulièrement à la mode.

8/ CUIR
Parmi les tendances persistantes, citons le cuir. Véritable peau tannée ou totalement simili en textile synthétique, le matériau – souvent porté en total look – assure une silhouette forte, dynamique et confiante. À trouver chez Tom Ford, Miu Miu, Weinsanto. Et aussi chez Hermès – bien sûr – Balenciaga, Isabel Marant et Victoria Beckham.

9/COL
La mode pousse du col et c’est tant mieux. Rien n’est moins anodin cette saison que ce bord supérieur du vêtement. Il s’impose version col montant sur la veste de Balenciaga, le manteau de Kimhekim, la robe d’Issey Miyake… Autre variante : le col extra-large qui s’étend sur les épaules comme celui, en shearling, de la marque Chloé.

10/ CEINTURE
On l’a d’abord remarquée il y a quelques saisons, dans les premières créations de la jeune Jeanne Friot. La couturière en a fait sa marque de fabrique jusqu’à réaliser une robe composée uniquement de ceintures. Pour l’automne-hiver 2026-2027 la ceinture fait figure de détail mode absolu. Elle est sexy comme la ficelle d’un string chez Tom Ford. Elle signe l’allure chaloupée des robes taille basse de Matthieu Blazy chez Chanel. Elle resserre la taille d’un manteau dans la collection d’Andreas
Kronthaler for Vivienne Westwood. À noter : les modèles les plus prisés seront les ceintures extra-fines qui signent la silhouette d’un trait. By CATHERINE MALISZEWSKI
