RIER, LE PUNK TYROLIEN

Enfin autre chose... Fondée en 2018 par l’autrichien Andreas Steiner, Rier impose une ligne nouvelle, de chic et de matières ultra qualitatives, inspirées par la tradition tyrolienne. Comme le Loden, pièce phare, twistée, distordue, pour le meilleur mais jamais le pire.

Pour la collection P/E 2020, ce sera un Loden d’été ultra luxueux bicolore (rouge et kaki), réalisé dans un tissu réservé originellement à l’armée. Un jean, calqué sur la coupe d’un pantalon classique dont il a gardé d’ailleurs le pli, affiche des coutures ton sur ton, si bien que de loin, on ne sait pas que c’est un denim. Les chemises, les chaussures, tout a des airs de garde robe classique, sauf qu’à bien y regarder, les détails de matière, de coupes et de motifs donnent un coup de canif au classicisme. Une originalité signée Andreas Steiner.

Rier-1nstant-Interview
Collection Winter 2020/201

Savoir-faire et faire-savoir

Brun, fin, détaché, une élégance fichée dans le fond de l’œil. Avec sa jolie gueule d’Italien, le jeune homme de 34 ans incarne à la perfection l’esprit de la mode unisexe qu’il créé : celle qui a –le mot est si banalisé- du style, une force. « Je suis plus intéressé par l’attitude que chaque objet peut prendre que par le design en lui-même. » C’est dit. Andreas milite pour l’héritage. Comprenez ce qui dure, ce qui fait appel à l’artisanat mais qui s’inscrit dans la modernité. La mode, évidemment, il s’y connait, puisqu’il a travaillé pendant 10 ans auprès de grandes griffes de luxe (Prada puis Vuitton). « Mais jamais, explique-t-il, je n’avais pensé à créer ma propre ligne » C’est sur le coup du hasard, d’un long voyage et d’une curiosité piquante qu’il s’entiche, sur ces chemins de traverses, des pièces conçues par de « petits artisans ».

« Ici un manteau, là une chemise. À chaque fois j’étais subjugué par le savoir-faire. Je me suis dit que je devais les adapter à la vie moderne. » Ni une ni deux, Andreas se lance dans la confection de prototypes. De là, l’histoire prend des contours plus classiques : ses proches amis découvrent ses vêtements et l’enjoignent de créer sa marque. RIER naît en 2018. La première pièce, qui reste le best of de toutes ses collections, est le Loden, ce classique autrichien. « J’ai retravaillé sa silhouette, ses proportions, son tombé, ses épaules, les finitions, la matière… Bref, j’ai créé mon manteau idéal. »

Rier-Interview-Andreas-Steiner
Collection Winter 2020/2021

Rebelle de la montagne, créateur exemplaire

Le Loden ? Pour ce natif du Tyrol du Sud, c’était une évidence… Moins pour l’objet vestimentaire que pour sa haute qualité. « Je suis originaire d’un tout petit village, fortement marqué par la tradition. Jusque dans les années cinquante, très très peu de gens avaient un téléphone. » Le nom de sa griffe, soit le nom de jeune fille de sa mère, clôt le fil de cet héritage géographique. Attention cependant. « Je suis intéressé par la rupture avec la tradition, à l’évolution d’une garde robe que je transpose au monde contemporain. »

Le « punk tyrolien », c’est donc cette distorsion nécessaire. Aujourd’hui, chacune des pièces RIER provient d’une région au savoir-faire spécialisé autour de l’axe Autriche, Italie, France : les Marches pour les chaussures, le Tyrol pour les vestes, Venise pour le denim…

« La période actuelle, reprend Andreas, est un moment clef. Non seulement le retail va changer au profit de la vente en digital, mais il doit engager chacun à réfléchir à l’évolution de l’industrie de la mode. Ce qu’on doit et ce qu’on peut changer très concrètement dans le futur. Où produire, comment produire, quelles matières ou non privilégier… ?  » Réinventer l’avenir en somme…

Rier-interview-Andreas Sternier
Collection winter 2020/2021

Son manifeste : Une structure de garde-robe classique, un savoir-faire tyrolien, auquel il ajoute sa clef de lecture moderne.Son principe : un vestiaire unisexe, avec des tailles simplifiées allant du XXS au XXLSon éthique : créer des pièces  ultra qualitatives, qui durent.Ses pièces fortes : le Loden, la chemise, les vestes et blazers en laine tricot feutré.
Sa nouveauté : la trame de broderies anciennes dont le fil parcourt les polos, les vestes, le Loden et les jeans.

Distribution : pièces sur commande sur l’e shop italien Anatonioli et au Japon / Rier Site / instagram Rier

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *