UN NOUVEAU COUPLE KOOPLES

Moderniser, casser les stéréotypes, augmenter la silhouette sans la déconstruire, faire sa place à l’inclusivité, depuis que Tom Van Dorpe, flamand de 36 ans, a pris les rênes de The Kooples en juin, le couple n’a qu’à bien se tenir. Interview by Judith Spinoza

C’est un hyper actif, un stakhanoviste du style aux facilités déconcertantes, un esprit aussi vif que son débit de parole et, selon son expression, le meilleur « puzzlemaker » du moment. Comprendre, un styliste capable de capter et de renouveller avec intelligence tous les fondamentaux d’une marque, ce qu’on appelle trop pauvrement l’ADN. C’est Tom van Dorpe, le nouveau DA de The Kooples. Trente-six ans, chemise blanche jean noir, un regard espiègle et un talent évident. La coolitude belge et le professionnalisme anglo saxon en plus, Tom a donc troqué New York pour Paris. Grâce à 15 ans passés aux États Unis comme consultant pour des marques prestigieuses comme Hugo Boos ou Calvin Klein, Max Mara ou Fenty, il détient l’art du puzzle makinget du styling, qu’il dédie désormais aux silhouettes rock de The Kooples. Objectif, remobiliser l’idée du couple, la signature de la marque parisienne, et réinventer son attitude rock. L’élégance rebelle donc.

THE KOOPLE SUMMER 2021

Qu’est ce que le couple en 2020 ? Pour moi, c’est la personne number one, la personne no limits. Parents, sœur ou frère, soulmaid, peu importe, car tout le monde n’est pas fait pour le couple. 

Un couple de tous les âges, de toutes les sexualités, qui incarne justement la dernière campagne inclusive de The Kooples ? En effet, pour la dernière campagne nous avons casté 6 couples avec l’idée de rassembler toutes les préférences et combinaisons sexuelles.

Comment se traduit cette notion dans la collection ? D’abord, j’ai changé l’organisation. Poussé les équipes à penser « out of the box »en réunissant le studio homme et femme en une nouvelle équipe qui partage tous les moodboards etc. Désormais, 30 à 40% de la collection est genderless. Un jean est un jean, un hoodie est un hoodie, un pull est un pull !

Vous avez aussi lancé des sneakers genderless. Et côté silhouettes ? En février sortira une capsule « tailoring shared wardrobe ». Comme son nom l’indique, c’est un vestiaire partagé, qui se modulera avec des accessoires.

Vous avez été nommé DA de Kooples en juin 2020 après 15 ans à New York où vous avez travaillé comme styliste auprès de magazines comme V Magazine, Purple et de marques comme Hugo Boss, Calvin Kein, Fenty de Rhianna… Pourquoi êtes vous parti aux US à l’époque, en 2008 ? Pour faire un autre stage. J’étais à Paris chez Vogue et d’autres magazines, mais je voulais plus ! Je cherchais à maximiser mon expérience. Aux États-Unis, on vous fait confiance, on vous responsabilise…

Étonnement, vus n’avez pas de background mode « classique » (Académie Royale d’Anvers) mais étudié les arts visuels à Gant et enchaîné les postes de styliste. Est-ce cette compétence à penser et saisir de « l’understandable fashion » comme vous l’appelez, qui a poussé The Kooples à vous choisir pour réinventer ses codes ? Je pense qu’il est rare aujourd’hui de trouver quelqu’un qui a travaillé pour autant de marques à la fois pour l’homme et de femme qui sache recréer une silhouette avec beaucoup de « styling ». Je l’ai fait pour Hugo Boss, Calvin Klein…C’est ce qui a certainement fait la différence. D’ailleurs, j’ai toujours raisonné en couple ; l’un de mes derniers éditos, pour Wall Street journal, c’était justement l’histoire de deux femmes.

Dans Kooples, « il y a tout ce que vous avez j’ai fait », dites vous. C’est à dire ? Le côté très fille parisien que j’ai exploré avec Rihanna, le business casual d’Hugo Boss, les grands essentiels et classiques chez Max Mara, les imprimés chez Peter Piloto.

Comment avez vous rencontré Rihanna avec laquelle vous avez collaboré pendant 4 ans ? À l’époque, j’étais fashion editor pour V Magazine. C’était mon premier boulot à New York. L’un de mes éditos lui a frappé dans l’œil. C’était un mélange de sportswear et de Marie Antoinette, de jogging et de corsets, avec une esthétique très clean et minimaliste. Rihanna m’a contacté pour collaborer à l’un des shows de sa ligne Fenty Puma. 

Vous aimez utiliser le terme « eye opening » pour expliquer ce que vous a apporté cette collaboration. Qu’est ce que cela a changé concrètement sur votre vision de la mode ? En effet, avec elle j’ai appris à m’éloigner de l’idée d’une mode élitiste, trop conceptuelle et à m’adresser à un public plus large. C’est ce que vous faites désormais chez The Kooples  Je veux moderniser ses grands classiques un par un. Retravailler ses fondamentaux, le tailoring (costumes, denim et cuir) qui font l’identité de la marque, ainsi que ses références rock n’roll. Une base minimalise avec une tendance punk !

Être rock n’roll aujourd’hui c’est quoi ?  C’est le rebellion spiritque j’ai cherché à insuffler à chaque pièce du vestiaire. Par exemple en disséminant un piercing en métal partout dans la collection. En portant du Kooples, il faut se sentir bas ass, charismatique. C’est un power dressing du quotidien pour reprendre la vie au maximum. L’élégance rebelle.

Beaucoup de noir, des épaules exagérées… la collection Kooples AH 2020 joue avec les codes eighties, mais vous faites aussi évoluer les silhouettes vers quelque une allure moins fitée. Après le confinement, les modes de vie ont évolués. On cherche plus de confort. J’ai donc essayé de réfléchir à un côté lounge sportavec des silhouettes plus amples, plus loose -des pantalons plus larges, des dropped shoulders….

The Kooples et l’écoresponsabilité, est-ce aussi un nouveau couple ? L’arrivée d’un nouveau CEO, d’une nouvelle directrice marketing, ma propre arrivée…C’est le moment parfait pour développer cet engagement. Ça va se faire assez rapidement car la plupart des fournisseurs proposent désormais des options ecofriendly. Parallèlement, nous avons adopté du packaging en papier recyclé.

Vous admirez le jeune créateur Ludovic de Saint Sernin ? Pourquoi ?Parce qu’il est à 100 % engagé dans un univers fort. Je l’ai aidé à faire les casting et les looks de ses défilés. Son identité est très forte. Comme celle de JW Anderson, de Demna Gvasaliaou de Nicolas Ghesquière, qui restent au top. Ce sont des personnes qui nous surprennent avec des couleurs, des shapes, des visages incroyables. Être capable de ses renouveler à chaque saison, c’est excatement ce que nous allons faire chez The Kooples !

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