A LA PLANTATION VILLA AU SRI LANKA, A LA SOURCE DE L’AYURVEDA

On vient ici pour déconnecter, se reconnecter, pour fuir les distractions et retrouver un calme intérieur, pour le yoga dispensé chaque matin et chaque soir, les massages et le régime detox, pour enfin ce que l’on pourrait rassembler en un mot : l’Ayurveda

A la Plantation Villa au Sri Lanka, à la source de l’ayurveda. On vient ici pour déconnecter, se reconnecter, pour fuir les distractions et retrouver un calme intérieur, pour le yoga detox 1NSTANT VOYAGE

A la Plantation Villa au Sri Lanka, à la source de l’ayurveda. On vient ici pour déconnecter, se reconnecter, pour fuir les distractions et retrouver un calme intérieur, pour le yoga detox 1NSTANT VOYAGE

A la Plantation Villa au Sri Lanka, à la source de l’ayurveda. On vient ici pour déconnecter, se reconnecter, pour fuir les distractions et retrouver un calme intérieur, pour le yoga detox 1NSTANT VOYAGE

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Visite de Lunuganga, la maison de campagne de Geoffrey Bawa, l’architecte sri-lankais qui a inventé le modernisme tropical 1NSTANT VOYAGE

Visite de Lunuganga, la maison de campagne de Geoffrey Bawa, l’architecte sri-lankais qui a inventé le modernisme tropical 1NSTANT VOYAGE

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1/ A la Plantation Villa au Sri Lanka, à la source de l’ayurveda.

On vient ici pour déconnecter, se reconnecter, pour fuir les distractions et retrouver un calme intérieur, pour le yoga dispensé chaque matin et chaque soir, les massages et le régime detox, pour enfin ce que l’on pourrait rassembler en un mot : l’Ayurveda. Du sanscrit, ayur la vie et veda, la connaissance, cette médecine holistique, qui prend en compte tous les paramètres susceptibles d’affecter (en bien ou en mal) l’équilibre de l’individu, attire de plus en plus d’occidentaux en mal de sens. Nous sommes allés faire l’expérience…

Ce lieu de retraite a été créé par Ishara De Silva dans un petit village de la région du Kalutara. Après qu’on lui eut diagnostiqué un cancer à l’âge de 29 ans, cette business woman qui menait une vie trépidante à Londres, est retournée dans son île natale pour trouver une alternative aux opérations, séances de chimio et radiothérapie pratiquées par la médecine occidentale. Guérie, elle a entrepris une longue recherche spirituelle et scientifique sur un autre mode de vie et de soin, et a fini par transformer en centre ayurvédique, géré par et pour les villageois, la propriété de son grand-père.

Bien que la Plantation Villa ait remporté plusieurs récompenses la plaçant en tête des spa resorts asiatiques, ne vous méprenez pas. Ici la notion de luxe ne rencontre pas les standards du genre. Les chambres sont spacieuses et chaleureuses, la piscine bienvenue et les repas préparés avec soin et des produits fraîchement récoltés sur place, mais il s’agit d’une expérience humaine et intime qui vous attend. Tout divertissement ou presque a été écarté au profit du temps et du silence. Un temps nécessaire pour faire le point et prendre soin de soi. Programme d’emblée excitant… qui peut être plus bouleversant qu’on ne le croit.

Douze heures d’avion, une heure de route dans les terres – l’ayurveda authentique ne se pratique pas près de la mer, trop perturbante énergétiquement – et on arrive à la Plantation qui doit son nom aux hévéas peuplant autrefois le domaine. Partout : du vert. La nature sri-lankaise est abondante, encore épargnée par la folie bétonnière de l’homme. Ainsi, au coeur d’une jungle où singes, iguanes, oiseaux multicolores et grenouilles bavardes sont chez eux, se dessinent les contours d’une grande bâtisse principale, plusieurs petits bâtiments éparpillés qui accueillent la quinzaine de chambres, une piscine cernée d’herbe grasse, et près des espaces de massage, terrasses ouvertes tendues de rideaux de coton noir, la yoga shala où trône un grand bouddha de pierre.

Les traitements du Panchakarma, la détox ayurvédique, démarrent tout de suite après la consultation avec Erandi, le médecin ayurveda en chef, une jeune femme à la douceur infinie, chaque jour revêtue d’un sari à l’élégance renversante. Prise du pouls, observation de la langue et pesée, précèdent un long questionnaire sur vos habitudes de vie, votre alimentation, votre sommeil, votre moral. Aimez-vous prendre votre temps, vous mettez-vous en colère facilement, parlez-vous facilement aux autres, faites-vous plein de choses à la fois… ? Le médecin établit votre dosha (littéralement votre déséquilibre), votre constitution de naissance, dominée par un ou deux éléments vatha (air), pitta (feu et eau), ou kapha (terre et eau), que l’ayurveda va tacher de rééquilibrer par des prises de plantes, une activité physique visant à ancrer ou au contraire à remettre en mouvement, et avant tout, une alimentation raisonnée. Mais contrairement à ce que les versions occidentalisées commencent à diffuser, on ne fournit pas des repas pour chaque résident dans les retraites ayurvediques. Comme nous l’a dit un membre de la villa, layurveda est

une médecine extrêmement populaire, vous imaginez une mère de famille préparer chaque jour un repas pour chaque membre de la maisonnée? Aussi, à la Plantation, les repas sont élaborés de manière à subvenir aux besoins de chacun, sans risque d’aggraver un feu ou d’embourber une terre. Somme toute, chacun reçoit une fiche de conseils alimentaires qui varient de l’un à l’autre. Par exemple, si l’on s’accorde pour proscrire à peu près pour tout le monde le gluten et les laitages de vache, certains vont se voir conseiller la dinde au profit du poulet (plus chaud), l’amer plutôt que l’acide, d’autres déconseiller l’aubergine (pas terrible en cas de douleur musculaire), etc…
A la Plantation, les mets, végétariens exclusivement, gluten et lactose free, ont d’abord des vertus précisément curatives, le goût vient en “effet secondaire”. Avant les repas, le docteur énumère les plats et les propriétés de chaque ingrédient.
A la fin du petit déjeuner et du dîner, il faut ouvrir la boîte en bois au sommet de laquelle votre nom est inscrit à la craie blanche. Là, plusieurs petits récipients en verre contiennent votre traitement médicamenteux. Ici un liquide brun sirupeux, une pâte verte, une poudre ocre, des comprimés noirs tout ronds. A avaler avec de l’eau chaude, boisson ayurvédique s’il en est. Oubliez dessert et café.
Votre programme de soin est inscrit sur un semainier. La longue liste des traitements s’étale et vous êtes convoqués chaque jour pour deux heures environ. Les massages du corps (entier, ou bien par zones spécifiques) sont réalisés à grand renfort d’huile tiède composée d’un macérât de plantes bienfaitrices. Ils sont suivis d’un bain de vapeur. Vous reposez dans une boîte en bois qui a tout du sarcophage, sur une sorte de claie à travers laquelle passe la vapeur produite dans des compartiments inférieurs. On referme le couvercle, seule votre tête est à l’air libre. Et c’est parti pour 15 à 30 minutes de transpiration intense, après quoi une pâte rouge à base de bois de santal vous est appliquée sur le visage pendant que vous vous reposez à l’ombre d’un frangipanier. Parmi les clous de la thérapie ayurvédique, le shirodhara, ou soin royal, lent écoulement d’un flux constant d’huile tiède sur un point précis du front, le troisième œil, vous laissera apaisé et intensément détendu, un foulard retenant vos cheveux huileux pour le reste de la journée. Le jour de la purge est moins glamour mais on en sort étrangement calme, un léger sourire de Bouddha sur les lèvres.
Il ne serait pas honnête de dire que cette expérience ne revêt pas une dimension émotionnelle très forte. Se couper de ses repères, de ses addictions, de ses distractions, confier son corps à des mains étrangères, et avoir beaucoup de temps, ce peut être délicieux, mais aussi perturbant.
Nombreux résidents avouent s’être retrouvés en larmes après un massage ou en pleine séance de méditation. Nos vies urbaines sont de parfaites excuses pour nous éviter nous-mêmes. Forcément, la confrontation avec le réel de nos sensations et émotions est un choc… et une chance.
Le médecin qui sait percevoir ces manifestations d’angoisse n’a pas de remède miracle contre cette prise de conscience, mais une réponse simple : prendre soin de son corps, en faire une routine, moins écouter son mental et laisser parler son coeur, dépositaire de cette fameuse harmonie qu’un savoir ancestral de la nature contribue à maintenir ou à recouvrer.
Nous reprendrons sans doute quelques mauvaises habitudes, le but de cette retraite n’est pas de transformer chacun en puriste irréprochable, mais osons croire que certaines leçons apprises là-bas se faufileront entre les parenthèses de ce voyage inoubliable.

par Golda Van Reen

2/ Visite de Lunuganga, la maison de campagne de Geoffrey Bawa, l’architecte sri-lankais qui a inventé le modernisme tropical.

A quelques kilomètres de la ville de Bentota, sur les bords du lac Dedduwa, se tient la propriété que Geoffrey Bawa a mis des années à construire. Sur la route, vous n’en trouverez quasiment aucune indication, et même le chauffeur local ignorait son existence. Fidèle à la conception de son créateur d’un luxe alliant discrétion et calme, le Bawa’s trust en charge de toutes ses constructions ne tient pas à transformer le site en curiosité touristique. Le prix des rares chambres que l’on peut louer pour y séjourner est dissuasif, pour les mêmes raisons.

Geoffrey Bawa a acquis le terrain en 1948, une ancienne plantation d’hévéas qu’il a remodelée et transformée en paradis terrestre durant 5 décennies. Celui qui est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands architectes asiatiques du 20e siècle a ici condensé toutes ses influences et inventions. Intimement pétri de la culture de son pays, son architecture s’ancre dans une sensibilité extrême au contexte et à la nature du site. Sa résidence de Lunuganga fait du visiteur un spectateur ambulant dans un immense décor de théâtre mythologique. Chaque point de vue est conçu comme un tableau, chaque pièce, chaque loggia répondent à une fonction, en écho à la lumière et au moment de la journée où il s’y rendait. Par exemple, ce jouisseur de la vie avait placé des tables dans divers points de la propriété : une table pour le petit-déjeuner, orientée vers les brumes matinales de la montagne, une table pour le déjeuner avec vue sur les rizières en dégradé de vert, une table pour le dîner surplombant le lac au soleil couchant, une table pour le gin-tonic sur une petite terrasse fraîche, etc. Jardins à la française, perspectives inspirées de la Renaissance Italienne, fondations sur pilotis et cours intérieures pour préserver la fraîcheur, le grand oeuvre de Geoffrey Bawa finit de brouiller les pistes entre orient et occident, intérieur et extérieur, nature sauvage et paysage élaboré. Un chef d’oeuvre entre rêve et réalité.

Golda Van Reen