VESTIAIRE COLLECTIVE : LES ENJEUX ECO-RESPONSABLES INTERVIEW

Vestiaire collective, les enjeux éco responsables. Responsable du développement durable et de l’inclusion chez Vestiaire Collective, Dounia Wone détaille la mission de la plateforme du luxe d’occasion, tout juste certifié B Corp, dans la transformation de l’industrie de la mode en promouvant la circularité et l’éco- responsabilité. Interview by Judith Spinoza.

LES ENJEUX ECO RESPONSABLES DE VESTIAIRE COLLECTIVE INTERVIEW 1NSTANT

LES ENJEUX ECORESPONSABLE DE VESTIAIRE COLLECTIVE INTERVIEW 1NSTANT

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LES ENJEUX ECO-RESPONSABLES DE VESTIAIRE COLLECTIVE INTERVIEW 1NSTANT Responsable du développement durable et de l’inclusion chez Vestiaire Collective, Dounia Wone détaille la mission de la plateforme du luxe d’occasion, tout juste certifié B Corp, dans la transformation de l’industrie de la mode en promouvant la circularité et l’éco- responsabilité.

Vestiaire Collective, créé en 2009, vient d’obtenir la certification B Corp, qui certifie les entreprises ayant un impact sociétal et environnemental positif. Quel sens lui donnez vous ?
Dounia Wone
: Cette certification fait sens avec nos valeurs, notre ADN et nous permettra d’améliorer notre performance sociale et environnementale, de travailler à plus de transparence pour toutes nos parties prenantes, et motiver d’autres membres de l’écosystème.

Vestiaire Collective vient aussi de faire une grosse levée de fonds qui pousse la valorisation de l’entreprise à 1,45 milliards d’Euros…
Dounia Wone
: C’est une énorme opportunité qui s’ouvre à nous. Nous sommes ravis d’être une licorne 100% française, d’intéresser des financiers à faire grandir notre activité et d’avoir obtenu la confiance de nombreux partenaires..

Que va financer cette levée de fond ?
DW: Elle va nous permettre d’amplifier notre feuille de route en matière de technologie, de produits et de données avec plus de 155 nouvelles embauches pour favoriser l’innovation. De déployer notre feuille de route développement durable et enfin, d’accélérer notre expansion à l’international et ainsi continuer notre approche de nouveaux marchés notamment l’Asie et les USA.

Et à terme ?
DW: Nous continuerons d’accroître notre présence sur le marché de la mode de seconde main, de renforcer nos technologies et infrastructures afin de faire évoluer notre business model conformément aux attentes de la nouvelle génération.

Auparavant chef de cabinet d’Antoinette Guhl, adjointe à la maire de Paris en charge de l’économie sociale et solidaire, de l’innovation sociale et de l’économie circulaire, vous avez été nommée responsable du développement durable chez VC en mars dernier. Pourquoi est-on venu vous débaucher ?
DW: Je pense avoir une vision à 360° des enjeux de l’économie circulaire et l’importance de créer des ponts entre le public et le privé. Ma connaissance du domaine public m’aide à accompagner Vestiaire Collective dans son développement. Les institutions décident de politiques publiques mais le temps d’action est quelquefois plus long. Le privé est là pour accélérer le tempo. Il est même souvent à l’initiative. Mon expérience permet de conjuguer les deux aspects et de conduire encore plus loin le mouvement de l’éco responsabilité.

Très concrètement, quels sont vos défis à court et long terme ?
DW: Ils sont multiples car nos enjeux le sont également ! Concernant le développement durable : nous avons construit une feuille de route à long terme en matière de durabilité et d’inclusion avec l’ambition de devenir la première plateforme technologique de mode durable. Pour y parvenir, nous avons mis en place 4 piliers : être une entreprise exemplaire, amplifié par notre Certification B Corp. Améliorer notre empreinte environnementale avec pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2025. Donner le pouvoir à notre communauté grâce à des programmes comme Collective for Change qui mettent en lumière des acteurs de la mode durable. Enfin, initier un changement systémique et inciter les autres acteurs de cette industrie à rejoindre le mouvement circulaire.

Qu’est est-il concernant la « confiance », un autre pilier fondateur de votre activité ?
DW: Notre processus d’authentification et de contrôle de la qualité a été essentiel pour nous permettre d’établir un niveau de confiance élevé sur la plateforme et au sein de notre communauté mondiale. Nous devons poursuivre et améliorer le développement de ce service afin de rester un acteur fiable pour le monde de la mode de seconde main. –

Comment aller plus loin chez VC, une entreprise âgée de 12 ans, intrinsèquement un business circulaire et responsable –en d’autres termes, comment augmenter la responsabilité sociale et environnementale ?
DW: Chez Vestiaire Collective, nous mettons un point d’honneur à démontrer la valeur ajoutée de notre modèle par rapport au neuf, en mesurant ce qu’on appelle les impacts évités et en incitant les changements de consommation. Par exemple, l’achat d’un sac d’occasion sur VC peut réduire l’impact environnemental de 91 % par rapport à l’achat d’un sac neuf.

Vestiaire Collective travaille aussi sur les impacts directs comme l’impact social, environnemental…
DW: La question de l’impact social nous a poussé à lancer 5 groupes de travail sur la diversité et l’inclusion des employés, notamment sur la diversité ethnique, LGBTQIA+, l’autonomisation des femmes, le handicap et l’égalité des chances. Mais également un impact environnemental qui nous à inciter à minimiser l’intensité carbone des colis envoyés, grâce à la réduction des kilomètres parcourus et à analyser les différents modes de transport utilisés. Par exemple, en 2019, nous avons introduit un service d’expédition directe. Le vendeur est alors en mesure d’expédier l’article directement, ce qui accélère le délai moyen de livraison et réduit l’impact environnemental de l’expédition. De plus, nous avons également changé de packaging pour un emballage éco-responsable.

Vestiaire Collective encourage sa communauté à être acteur du changement, par le biais d’incitations et de fonctionnalités. Quels nouveaux « outils » interactifs et nouvelles fonctionnalités visant à faciliter l’achat et la vente de manière responsable ?
DW:
Nous avons mis en place le Fashion Activist Badge, qui récompense nos membres qui sont à la fois acheteurs et vendeurs et qui sont donc qui entrés dans le mouvement circulaire. Il y a également une fonctionnalité qui permet de mettre en avant les transactions locales, identifiable par une petite feuille verte, afin de limiter les envois internationaux. Nous travaillons également en ce moment sur la personnalisation. 

Il y a aussi les campagnes sur les réseaux sociaux :
DW: 
Elles mettent en lumière les avantages de l‘éco-responsabilité et la seconde main. Pour nous, il est très important que des figures reconnues de la mode puissent parler de la seconde main afin de rompre les clichés mais surtout montrer que c’est une alternative accessible et désirable. 

Cet automne, vous avez lancé une nouveauté, l’opération Style Collective, avec des influenceurs de la mode de chaque grande capitale.
DW
: Sous forme de conversation, ces duos de la mode ont partagé leurs anecdotes ainsi que leurs quelques pièces iconiques de leur garde robe à la communauté de Vestiaire Collective. Pour Paris, ce sont Didi Stone et Mademoiselle Agnès qui ont pris la parole sur le sujet de la mode circulaire.

Votre punchline est « Achetez moins, mais mieux ». Pourtant, le risque de surconsommation existe aussi dans la seconde main… Comment VC peut allier pédagogie et croissance économique ?
DW
: Oui, nous savons qu’il existe aussi un risque de surconsommation en seconde main. C’est un sujet que nous étudions de près. Il est important de comprendre les comportements utilisateurs et notamment analyser et maximiser notre taux de substitution, c’est-à-dire les raisons pour lesquelles nos clients vont du neuf à la seconde main. 

VC a commencé un grand programme éducatif sur la l’éco- responsabilité afin que sa communauté sache identifier les enjeux d’une consommation éthique et durable et comprendre les méfaits de la surconsommation. 
DW : Pour porter tous ces sujets (circularité, mesure d’impact), nous participons aux très nombreux groupes de travail sur la mode durable : Paris Good Fashion, Fashion Pact, Alliance pour une mode durable de l’ONU, etc. 

Gucci vient d’imaginer un nouveau concept store en ligne proposant des pièces vintage issues des 100 ans de la maison alors qu’Isabel Marant a lancé en juin sa plate-forme digitale vintage Isabel Marant Vintage ? Comment allez vous cohabiter avec les marques de luxe que vous concurrencez ?
DW: Au contraire, ce n’est pas une concurrence ! Notre mission est d’accompagner l’industrie de la mode dans une transformation plus vertueuse. Nous sommes heureux d’avoir montré le chemin. Au lancement de Vestiaire Collective, les marques du luxe étaient plutôt sceptiques sur ce modèle. Aujourd’hui, les marques réfléchissent de plus en plus à la façon d’adapter cette mode circulaire à leur activité et à l’expérience du luxe.

Concrètement, quels sont vos partenariats ?
DW: En 2019, nous avons lancé le programme « Brand Partner » de Vestiaire Collective qui vise à offrir des solutions durables aux marques, en renforçant l’importance de la durabilité, tout en donnant aux acteurs de la mode de première main les moyens de bouleverser leurs modèles économiques linéaires et d’adopter la circularité. Nous avons été très heureux de nos récents partenariats avec Ganni, My Theresa, Alexander McQueen ou encore Mulberry qui indiquent que les marques considèrent la revente comme faisant partie intégrante du maintien de la valeur.

Quel est votre objectif à long terme ?
DW : Que chaque marque dispose d’un service de revente pour les consommateurs. Nous pensons que Vestiaire Collective est prêt à jouer un rôle central dans ce changement du secteur grâce à notre expertise et notre communauté mondiale d’acheteurs et de vendeurs. En achetant et en vendant une marque à la fois neuve et d’occasion, les consommateurs augmentent leur engagement envers la maison de mode et ajoutent une valeur à vie à leurs articles de mode.