INTERVIEW : THOMAS JOLLY: «J’AI LA SENSATION DE PASSÉ DE L’AUTRE CÔTÉ DU MIROIR»

Le metteur en scène français qui s’est fait connaître mondialement via la conception des cérémonies des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 a vécu son premier Festival de Cannes en tant que coprésident du jury de la Queer Palm aux côtés de la comédienne Anna Mouglalis. Il s’est confié à mi-festival sur sa découverte de l’événement et ses attentes… C’était avant que son jury ne décerne la Queer Palm au film américain « Teenage Sex and Death at Camp Miasma » de Jane Schoenbrun (Un Certain Regard) et la Queer Palm Révélation à Pierre Le Gall pour son premier film « Du Fioul dans les artères » présenté à La Semaine de la critique. C’est votre première fois à Cannes pour le festival.Interview Franck Finance- Madureira.

Thomas Jolly : Jai la sensation d'être passé de l'autre côté du miroir.

Thomas Jolly : Jai la sensation d'être passé de l'autre côté du miroir.

Le metteur en scène français qui s’est fait connaître mondialement via la conception des cérémonies des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 a vécu son premier Festival de Cannes en tant que coprésident du jury de la Queer Palm aux côtés de la comédienne Anna Mouglalis. Il s’est confié à mi-festival sur sa découverte de l’événement et ses attentes… C’était avant que son jury ne décerne la Queer Palm au film américain « Teenage Sex and Death at Camp Miasma » de Jane Schoenbrun (Un Certain Regard) et la Queer Palm Révélation à Pierre Le Gall pour son premier film « Du Fioul dans les artères » présenté à La Semaine de la critique. C’est votre première fois à Cannes pour le festival. Interview Franck Finance- Madureira

Qu’est-ce qui vous a motivé quand on vous a proposé de coprésider ce jury 2026 de la Queer Palm ? Quel est votre état d’esprit après ces quelques jours à Cannes ?


Ce qui m’a motivé, et m’a honoré d’ailleurs dans cette proposition, c’est que je connais, que j’ai
vécu moi dans ma chair et que j’essaie de le retranscrire en tant qu’artiste dans mon travail les
représentations queers. Je sais que quand on représente des parcours queers, singuliers, des
trajectoires, des enjeux, cela les fait exister aux yeux de tous. Et quand ils existent et qu’ils sont adressés à un public qu’on espère évidemment le plus large possible, il y a un sentiment de reconnaissance et une sensation d’être au monde qui, moi, m’importe beaucoup. Je crois que c’est important de montrer qu’aujourd’hui, il y a d’autres récits que ceux qu’on nous impose. En ce qui concerne Cannes, je vivais, enfant déjà, le festival à travers ma télévision, et là j’ai la sensation d’être passé de l’autre côté du miroir. C’est un peu naïf mais je suis un peu en mode ravi de la crèche ! J’aime cette émotion de me retrouver à côté d’acteurs, actrices qui m’ont ébloui, de réalisateurs, de réalisatrices qui ont bercé mon enfance ou qui ont marqué mon adolescence avec des films. C’est assez fou !


Vous êtes comédien, metteur en scène de théâtre, de comédie musicale et d’opéra, est-
ce que le cinéma revêt une mythologie particulière à vos yeux ?

Il y a une vraie fascination parce que les outils du cinéma sont exceptionnels et qu’au théâtre, on n’a pas du tout les mêmes ! Et moi, je suis un peu jaloux, pour être clair parce qu’on peut raconter les mêmes histoires mais pas du tout de la même façon. Je ressens énormément d’émotions au cinéma et là, depuis ces quelques jours à Cannes, je constate qu’une réplique, une situation, un enjeu, un personnage ravivent souvent un souvenir que j’avais complètement oublié, tout cela ravive la mémoire et provoque de grandes joies. Il y a une impression de réminiscence que j’ai plus au cinéma qu’au théâtre. Ma fascination, je pense qu’elle vient de là et de la proximité avec les visages ce qui peut me manquer au théâtre. Au cinéma, ce sont toujours les visages qui me bouleversent.
Quand on a eu la chance de voir votre mise en scène de « Starmania », on ne peut s’empêcher de penser que vous avez très envie de réaliser des films, de toucher à une caméra…
Ça me fait plaisir parce que ma première réalisation, si on peut mettre ce terme-là, c’est effectivement cette séquence du kidnapping de Cristal dans « Starmania ». Je me suis beaucoup amusé et j’avais envie de jouer de l’illusion que permet, sur un plateau de théâtre, l’image cinématographique. Ma deuxième expérience, ce sont les petites séquences qui ont été prétournées pour la cérémonie d’ouverture des J.O., même si je n’étais pas le réalisateur, j’étais à côté pour tout driver et j’avoue que tout ça m’a donné quand même très envie de réaliser un jour. Comme je ne sais pas faire de cinéma, du coup, j’ai envie d’en faire. Mon travail, c’est de raconter des histoires.


Des projets sont-ils lancés pour un premier film signé Thomas Jolly ?


Oui, il y a des choses en cours. Il y a un scénario que j’écris, que je prends beaucoup de plaisir
d’ailleurs à écrire, et qui est en développement, on dit comme ça je crois. Et j’ai un projet de
série aussi. Et puis il y a aussi un territoire que j’aimerais aussi reconquérir, parce qu’on l’oublie
un peu mais, au départ, je suis un acteur et j’ai très peu travaillé au cinéma j’aimerais… C’est un
territoire pour le jeu que j’ai envie de plus explorer.


Et dans l’immédiat ?


Le prochain projet, ça va être la mise en scène du show Drag Race France Live au mois de septembre. C’est très particulier parce que mon travail là c’est de mettre en valeur 10 Drag queens qui ont chacune leur univers, et, évidemment aussi leur identité de performeuse et un art qui est complexe, celui du Lip sync, du playback. L’idée de cette nouvelle production de Drag Race France Live, c’est de revenir à un format plus théâtral, plus cabaret, pour essayer uretour aux origines du drag, avec plus de proximité et une adresse directe dans des lieux plus intimes, plus restreints. Mon boulot, c’est de les mettre en valeur et j’en suis super heureux.

Interview Franck Finance- Madureira.










 



 














        

 


 

 



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